50è anniversaire de l’expédition scientifique de Thor Heyerdahl

50è anniversaire de l’expédition scientifique de Thor Heyerdahl
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Le 50è anniversaire du périple maritime de l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl « RA II » a été célébré, en grande pompe, vendredi à la Cité des Arts et de la culture de Safi.

Rehaussée par la présence notamment, de l’ambassadrice de la Norvège au Maroc, Mme Merethe Nergaard ainsi que de Haj Madani Ait Ouhanni, le dernier encore en vie parmi les huit hommes de différentes nationalités ayant pris part à cette odyssée, cette cérémonie a été l’occasion pour les habitants de Safi de réitérer leur fierté de voir leur ville choisie par l’explorateur norvégien comme point de départ pour cette odyssée des temps modernes.

Initiée par l’ambassade de la Norvège, les associations Mémoire de Safi et la Fondation de Safi, le Groupe OCP et le Groupe Barid-Al Maghrib, ce rendez-vous singulier visait, de même, à mettre en exergue cette expédition scientifique et à la faire connaitre davantage auprès des générations montantes.

« Le 17 mai 1970, la date de l’embarquement de Thor Heyerdahl et de ses compagnons, dans le port de Safi, pour cette expédition mémorable, est un jour important pour Safi et pour le Maroc, mais aussi pour la Norvège, car c’est le jour de notre fête nationale », a affirmé à cette occasion, Mme Merethe Nergaard, soulignant que cette expédition est aussi une belle illustration des liens forts qui existent depuis longtemps entre le Maroc et la Norvège, pays riverains de l’Atlantique.

Et la diplomate de poursuivre que cette expédition avait un objectif scientifique à savoir : démontrer la possibilité que les peuples des deux cotés de l’Atlantique aient eu des contacts maritimes, 1000 ans avant la traversée de Christophe Colomb, avec les sociétés amérindiennes, auxquelles ils auraient transmis leurs techniques.

Thor Heyerdahl, un précurseur en 1970, voulait aussi, en procédant aux premiers prélèvements d’eau de mer, montrer les dangers de la pollution des océans et la nécessité de préserver leur propreté et leur intégrité, a-t-elle insisté.

Dans ce cadre, la diplomate norvégienne, a indiqué que la préservation de l’environnement et des océans est une préoccupation partagée par le Maroc et la Norvège, qui ont mis en place depuis plusieurs années des réalisations communes, notamment dans la recherche océanique.

Cette expédition avait un autre objectif, tout aussi important : montrer “qu’un équipage composé de huit hommes issus de huit pays différents, de toutes croyances, pouvaient mener un tel projet dans la fraternité, et le partage des risques et des labeurs », a-t-elle ajouté.

En ces jours de pandémie, un tel message est non seulement d’une portée nationale pour le Maroc et la Norvège, mais aussi universelle, et résonne, dans l’épreuve que nous traversons tous, comme un appel à la coopération internationale pour le bien et la santé de tous, a-t-elle dit.

Dans un message lu par Mme Nergaard, Thor Heyerdahl, a souligné que « l’équipage était composé de huit nationalités différentes, dont un Marocain. Tous ont fait preuve d’un esprit d’équipe et sont devenus des amis ».

Et de poursuivre qu’ils ont démontré qu’il est possible de traverser un océan, sur des grandes distances, avec des embarcations primitives, et qu’un équipage d’origines différentes et sans langue commune peut collaborer pour atteindre un objectif commun.

Pou sa part, le Directeur du Musée Kon-Tiki, Martin Biehl, a tenu à rappeler que « Le choix porté par Thor Heyerdahl sur Safi comme point de départ de son périple s’est avéré judicieux. Il souhaitait démontrer qu’il avait été possible que les civilisations qui occupaient les deux rives de l’Océan Atlantique, aient eu des échanges bien avant la traversée de Christophe Colombe en 1492, et que les cultures et ces civilisations ne s’étaient pas développées indépendamment ».

« Une autre leçon à retenir de ce périple sont les apports réciproques, dès les temps anciens des civilisations, et dans un monde moderne, chaque jour plus interdépendant, l’importance de rechercher les solutions communes à des problèmes communs », a ajouté Biehl dans son message lu également par Mme Merethe Nergraad.

Le moment phare de cette cérémonie reste le dévoilement du timbre postal émis par Barid Al-Maghrib en commémoration de cette expédition scientifique.

A travers l’émission de ce timbre postal, le groupe Barid Al-Maghrib a voulu mémoriser cet événement historique et le faire connaitre aux générations montantes.

A noter qu’un exemplaire de ce timbre-poste sera remis au Musée Kon-Tiki (Norvège) où sont conservées les embarcations des expéditions de Thor Heyerdahl.

Le célèbre potier à Safi, Ahmed Serghini a voulu aussi exprimé sa fierté et celle de tous les habitants de Safi pour le choix de leur ville comme point de départ de cette expédition, en dévoilant à cette occasion, une fresque en céramique qu’il a fabriquée en commémoration de cette expédition.

Cette cérémonie a été aussi ponctuée d’un vibrant hommage rendu à Haj Madani Ait Ouhanni, qui a pris part à l’expédition scientifique de Thor Heyerdahl, partie depuis Safi, le 17 mai 1970, dans le but de démontrer que des civilisations anciennes des deux côtés de l’Atlantique aient pu avoir contact à l’aide de bateaux en papyrus, avant que Christophe Colomb ne découvre le Continent américain.

Aujourd’hui à 81 ans, Haj Madani Ait Ouhanni se sent heureux et chanceux d’être le dernier encore en vie parmi les huit hommes ayant pris part à cette odyssée scientifique.

Avec tant de patriotisme et de fierté, cet ancien directeur de plusieurs établissements touristiques au Maroc, dont celui où étaient hébergés les membres de l’équipage de l’expédition, se rappelle que tout a commencé lorsqu’un des membres de cette expédition maritime et scientifique a désisté pour des raisons personnelles.

« Je me souviens que cette défection me donna l’occasion pour convaincre Thor Heyerdahl, avec qui je me suis lié d’une profonde amitié, de choisir un Marocain pour faire partie de l’aventure », se souvient-il, relevant que cette aventure représente une occasion unique d’inscrire le nom du Maroc dans les annales de l’histoire.

Haj Madani, qui était âgé alors de 30 ans, se souvient des moindres détails de ce périple qu’il a vécu, et dont les péripéties resteront gravées dans sa mémoire toute sa vie. « Le périple avait atteint ses objectifs et nous sommes parvenus aux Iles Barbade (Caraïbes) le 12 juillet, soit après 57 jours de navigation maritime, et 6.400 km parcourus », a-t-il conclu.

 

 

SOURCE / MAP

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