Défis politiques des élections législatives de septembre 2026 :  de la lutte contre le nomadisme politique au renouvellement des élites.

 

Défis politiques des élections législatives de septembre 2026 :  de la lutte contre le nomadisme politique au renouvellement des élites. 

La constitution marocaine de 2011 consacre le droit de vote, en vertu de l’article 30, qui stipule que « tous les citoyens et citoyennes majeurs, jouissant de leurs droits civils et politiques, sont électeurs et éligibles ».
Le droit de vote est considéré comme une liberté fondamentale, reconnue pour tous les citoyens majeurs des deux sexes. Le droit de vote est exercé au suffrage universel, libre, sincère et transparent (article 11). Les marocains résidant à l’étranger (MRE) jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d’être électeurs et éligibles (article 17).
Dans ce sens, la constitution soulève la question de la parité dans l’exercice de droit, puisque l’article 19 précise que : « l’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits politiques, ce qui inclut explicitement le droit de vote et l’accès aux fonctions électives ».
Aussi, l’article 30 de la constitution marocaine de 2011 reconnaît, pour la première fois dans l’histoire constitutionnelle du pays, le droit de vote des étrangers pour les élections communales ou locales, sous réserve de conditions spécifiques.
Les élections législatives prévues le 23 septembre 2026, représentent un tournant institutionnel majeur, puisque le prochain gouvernement aura la charge de piloter d’importants chantiers socio-économiques, en lien notamment avec l’organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030. D’autant plus, que le bilan du gouvernement d’Aziz Akhannouch est jugé médiocre, marqué par un chômage élevé, la cherté de la vie et les affaires d’abus d’influence, malgré des résultats macroéconomiques stables.

Cependant, nous constatons que la cohésion gouvernementale se livre à une « guerre » féroce dans les régions pour s’arracher les têtes d’affiche locales, comme le cas de la concurrence acharnée entre le Parti de l’Istiqlal (PI) et le Parti Authenticité et Modernité (PAM), qui s’est résulté par le ralliement officiel de Yanja El Khattat, président de la région Dakhla-Oued-Eddahab, au PAM.
En revanche, l’opinion publique constate la persistance du nomadisme politique illustrée de manière spectaculaire de plusieurs partis politiques vers le PAM, surtout après la déclaration de la direction collégiale de ce dernier, concernant l’adhésion officielle de Fouzi Lekjaa (ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération Royale Marocaine de Football), qui portera (d’après les responsables du PAM), les couleurs du « Tracteur » dans sa région natale, la circonscription de Berkane.
Cela dit, la stratégie de la direction collégiale du PAM, relative au recrutement d’une figure technocratique populaire et charismatique, d’une telle envergure, demeure l’arme absolue pour garantir la venue des élus nomades et les têtes d’affiche locales à forte notoriété, afin de remporter le scrutin et gagner les élections.
En effet, depuis des décennies, les partis politiques souffrent d’un déficit de renouvellement d’élites politiques. Face à cette crise, les formations politiques font recours aux notables locaux capables de gagner des sièges grâce à leur notoriété, afin de garantir leurs chances dans les élections. De plus, le changement d’étiquette permet aux élus nomades, la recherche de meilleures perspectives électorales, ce qui fragilise la crédibilité idéologique des partis.
Ce phénomène explique l’existence d’un fossé entre la classe politique et les électeurs, en particulier les jeunes et qui se manifeste par le manque de confiance et l’absentéisme alimenté par la défiance des formations politiques. Il est important de souligner, que malgré des incitations publiques (jusqu’à 75 % d’aides de campagne pour les moins de 35 ans), la classe politique demeure majoritairement composée de seniors.

En guise de conclusion, je pense que la mise en application stricte des dispositions de la constitution de 2011 et des lois organiques sur les partis et les collectivités locales, demeure la solution parfaite pour lutter contre le nomadisme politique, en sanctionnant les passages d’un parti à l’autre en cours de mandat.
Aussi, le renouvellement des élites électorales et la retraite des leaders politiques répondent à un besoin urgent de modernisation institutionnelle et de réconciliation des citoyens avec la politique.

*Professeur à la Faculté de Droit, Université Cadi Ayyad de Marrakech

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