Justice marocaine : 5 ans de prison pour collusion dans l’ombre du fugitif Hicham Jerando
Dans une décision judiciaire marquante rendue vendredi 23 janvier par la chambre correctionnelle de la juridiction pénale de première instance d’Aïn Sebâa, un entrepreneur a été condamné à cinq ans de réclusion criminelle pour des faits de collusion liés au fugitif multicondamné Hicham Jerando, suscitant une nouvelle étape dans l’affaire très médiatisée du controversé YouTubeur.
Le prévenu, dont le nom n’a pas été dévoilé par les instances judiciaires, a été reconnu coupable de complicité d’actes en lien avec des réseaux facilitant l’activité du fugitif, qui reste recherché par les autorités marocaines après de nombreuses condamnations rendues en son absence.
L’enquête, instruite par la Brigade nationale de la police judiciaire, a démontré que l’entrepreneur avait entretenu des relations avec des personnes accusées de soutenir des opérations de collusion, d’atteinte à l’ordre public et de diffusion de messages susceptibles de troubler la sécurité juridique et sociale. Ces actes s’inscrivent dans le cadre de l’affaire autour de Jerando, un Marocain résidant à l’étranger, condamné par contumace à plusieurs peines — dont une peine de 15 ans de prison prononcée par la Cour d’appel de Rabat en mai 2025 pour constitution de groupe à caractère terroriste et incitation à la violence.
Dans son réquisitoire, le parquet a souligné le caractère grave des faits, estimant que la collusion entre plusieurs acteurs avait contribué à perpétuer une dynamique d’atteintes à l’ordre public et à la sûreté de l’État. La décision de la cour est également perçue comme un message fort de la justice marocaine face à toute forme de soutien apporté à des individus ou réseaux jugés comme subversifs ou menaçants pour la sécurité collective.
Cette condamnation s’ajoute à une série d’autres verdicts rendus dans le sillage de l’affaire Jerando, qui ont vu plusieurs membres de son entourage et des personnes proches faire face à la justice marocaine pour divers chefs d’accusation, notamment la participation à des actes de diffamation, menaces et cybercriminalité.
Les avocats de la défense ont annoncé qu’ils examineraient les modalités d’un éventuel appel, arguant que certains éléments de la procédure nécessitent un “examen plus approfondi”. Pour l’heure, la sentence de cinq ans de prison ferme a été confirmée sans possibilité de libération conditionnelle immédiate, soulignant ainsi la sévérité du traitement judiciaire réservé à ce dossier.

