Le ministère des Finances dévoile les failles du programme de Mansouri

Le ministère des Finances dévoile les failles du programme de Mansouri

Le dernier rapport publié par le ministère de l’Économie et des Finances met en lumière les contre-performances du programme de soutien direct au logement, piloté par Fatima Zahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville.

Selon les données officielles, à peine 70 000 ménages ont bénéficié du dispositif sur une période de deux ans, loin des prévisions ambitieuses annoncées lors de son lancement. Dans plusieurs régions, notamment celles du sud du Royaume, les chiffres sont particulièrement préoccupants : certaines provinces enregistrent un taux de participation nul, tandis que la région de Drâa-Tafilalet ne compte que 384 bénéficiaires, soit 0,6 % du potentiel ciblé.

Ces statistiques mettent sérieusement en doute l’efficacité du programme, censé représenter une alternative crédible aux anciens mécanismes de logement social. Alors que la ministre Mansouri avait défendu un modèle plus « direct » et plus transparent d’aide à l’acquisition, la réalité du terrain révèle un dispositif encore loin de ses promesses.

Les sources au sein du ministère des Finances expliquent cette faible adhésion par plusieurs facteurs : une communication insuffisante, une définition floue des catégories éligibles, des procédures complexes et un manque de coordination entre les administrations concernées. En clair, la mise en œuvre du programme n’a pas réussi à atteindre les ménages réellement dans le besoin.

Face à ce constat, des voix s’élèvent pour réclamer une révision en profondeur du système de soutien, afin de le rendre plus simple, plus ciblé et mieux adapté aux réalités socio-économiques locales. Certaines propositions évoquent la création de plateformes régionales d’enregistrement, une plus grande implication des communes et un contrôle budgétaire renforcé.

Ce bilan, jugé décevant par plusieurs observateurs, fragilise politiquement la ministre Mansouri, qui avait fait du logement un axe majeur de son action gouvernementale. Derrière les annonces ambitieuses, les chiffres du ministère des Finances rappellent une vérité implacable : la réussite d’une politique publique se mesure sur le terrain, pas dans les communiqués.

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