Les Résidents Étrangers de Marrakech confrontés au Covid19. Perte d’horizons et perplexité stressante.

Les Résidents Étrangers de Marrakech confrontés au Covid19. Perte d’horizons et perplexité stressante.
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Il y a les MRE, que tout notre monde connait et attend. Et il y a les REM qui méritent également notre attention. Aux MRE ( Marocains Résidents à l’Étranger) les familles et les établissements touristiques font les yeux doux. On leur dit Marhaba partout , des guichets bancaires aux vendeurs de menthe et autres herbes. On leur souhaite Bonnes Vacances et pour les plus avisés on se donne rendez-vous au 10 août pour la Journée Nationale des Migrants. Une saison pour consolider des liens durables et des transferts réguliers.

Les REM ( Résidents Étrangers au Maroc ou , selon l’approche de proximité ici , Résidents Étrangers de Marrakech) ne bénéficient pas de la même attitude. Certes ils n’ont pas été oubliés des premières opérations de vaccination et n’ont pas manqué de faire remarquer le leadership marocain dans le combat contre la pandémie du Covid19. Non sans ironie au détriment de leurs dirigeants européens.

Mais pour cette militante associative britannique auprès des femmes dans le Haut Atlas les choses se présentent différemment. Elle n’arrive plus à établir son planning familial et professionnel à cause des incertitudes de la situation sanitaire ici à Daoudiate et dans son bled de Manchester.
Autre son de cloche, Evelyne vit avec l’angoisse de penser qu’elle ne verra plus sa terre natale toulousaine. Septuagénaire bien installée dans son petit riad à quelques minutes de la place de Jamaa el Fna, cette dame habituée à de fréquents allers et retours entre Marrakech et la France, où elle n’a plus de biens, estime que sa vie est désormais ici. Mais le problème pour elle est celui de la peur de ses proches de se trouver bloqués par des mesures inopinées au Maroc en venant lui rendre visite . Kafkaïen ?

Les chats victimes collatérales !

Bernard ( 66 ans le 8 août prochain) lui , il est bloqué en France auprès de sa vieille mère . Il a téléphoné depuis la banlieue parisienne pour s’informer des conditions d’entrée et de sortie du pays. Il avait l’intention de fêter à Marrakech son anniversaire qui coïncide , le 8 août, avec la Journée mondiale des chats. Bernard est un membre actif de protection des chats. Intarissable à ce sujet il avait constaté avant son départ de Marrakech, en juin dernier, combien la situation des chats est devenue inquiétante dans la médina. Leur population , selon lui, a dû être quadruplée et la solution est dans la castration. Opération qu’il avait l’intention de lancer cette année avec le soutien d’une association européenne. Celle-ci ne disposant plus des dons des amis des animaux ne viendra pas , malheureusement, au secours des chats de Marrakech.

Pour cette famille franco-maroco-israelienne installée au quartier Targa il est bien question du chat et de la chienne laissés à Marrakech. Un vrai casse-tête distantiel/présentiel: entretenir de loin la bonne tenue de la demeure et de ses uniques habitants, une bonne analphabète et diabétique ainsi que trois animaux qui cohabitent en paix, une chatte, un chien et une tortue.
Inquiets pour leur santé et pour leurs vacances dans leurs pays d’origine, les REM estiment qu’ils ne disposent pas des informations croisées nécessaires qui leur permettent de circuler librement à travers les frontières.
La pandémie coronavirus change les paramètres et les données. Les restrictions varient d’un pays à l’autre et d’un moment à l’autre. Et il n’y a pas que les secteurs économiques et touristiques qui souffrent.
Seule l’absence de communication est pointée par les REM contactés. Ils ont besoin de réponses précises et de repères fiables.
Une bonne nouvelle pourtant dans cet océan d’incertitudes mortifères. La population REM s’enrichit de nouveaux arrivants attirés par un climat plus sain et plus protégé à Marrakech. Les mesures sanitaires marocaines et le contexte géopolitique du Maroc ne sont pas étrangers à cette tendance. Est-ce assuré si la crise coronavirus se prolonge encore trois ou cinq ans ? À la Ville des Sept Saints on se croise les doigts, marrakchis de souche et étrangers compris !

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