Législatives marocaines de 2026 : qui sont les seize personnalités citées pour la primature ?
Dans son édition de juillet-août 2026, le magazine Jeune Afrique consacre un dossier de plusieurs pages aux élections législatives marocaines de 2026 et aux différentes personnalités susceptibles d’accéder à la primature. L’hebdomadaire propose une lecture des rapports de force politiques en dressant le portrait de seize responsables politiques, ministres, dirigeants de partis et hauts responsables de l’État, qu’il répartit entre favoris, candidats crédibles, personnalités populaires et outsiders. Le dossier rappelle toutefois que la désignation du Chef du gouvernement demeure encadrée par l’article 47 de la Constitution, qui prévoit sa nomination au sein du parti arrivé en tête des élections législatives.
À quelques semaines des élections législatives de 2026, les spéculations s’intensifient autour de l’identité de la personnalité qui sera appelée à diriger le prochain gouvernement. Si la Constitution prévoit que le Chef du gouvernement soit désigné au sein du parti arrivé en tête des élections, plusieurs noms reviennent déjà avec insistance en raison de leur poids politique, de leur expérience gouvernementale, de leur popularité ou encore de leur influence dans les sphères de décision.
Le dossier établit une cartographie de seize personnalités réparties en plusieurs catégories : les candidats les plus crédibles, ceux dont les ambitions sont freinées par le poids électoral de leurs partis, les personnalités les plus populaires auprès de l’opinion publique et enfin les outsiders susceptibles de créer la surprise.
En tête des profils considérés comme les plus solides figure Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal. Son expérience au sein des institutions de l’État, sa connaissance des dossiers économiques et sa maîtrise des rouages administratifs sont présentées comme ses principaux atouts. Il bénéficie également d’un appareil partisan expérimenté et d’une légitimité interne incontestée. En revanche, son manque de charisme et les difficultés rencontrées pour imposer son autorité au sein du gouvernement sont évoqués comme des faiblesses susceptibles de limiter ses ambitions.
Le deuxième profil mis en avant est celui de Mohamed Chaouki, président du groupe parlementaire du Rassemblement national des indépendants. Son ascension rapide au sein du parti est soulignée, de même que sa proximité avec Aziz Akhannouch. Le dossier estime toutefois que son manque d’expérience gouvernementale et son image étroitement associée au chef du gouvernement actuel pourraient constituer un handicap s’il devait prétendre à la primature.
Au sein du Parti authenticité et modernité, deux personnalités sont présentées comme les principaux prétendants : Fatima Ezzahra El Mansouri et Mehdi Bensaïd. La première bénéficie d’une forte notoriété politique et fait partie des rares femmes dont le nom circule pour diriger un gouvernement. Le dossier rappelle cependant que plusieurs enquêtes liées à des opérations foncières à Marrakech fragilisent son image. Quant à Mehdi Bensaïd, son aisance médiatique et son profil de jeune ministre séduisent une partie de l’opinion, mais ses activités dans le monde des affaires alimentent les interrogations sur les liens entre intérêts privés et responsabilités politiques.
La ministre de l’Économie et des Finances Nadia Fettah Alaoui apparaît également parmi les profils crédibles. Son parcours dans le secteur privé, son expérience internationale et la confiance dont elle bénéficie auprès des grandes institutions financières sont mis en avant. Le dossier souligne néanmoins qu’elle ne dispose pas encore d’un véritable ancrage partisan, ce qui pourrait limiter ses chances dans une compétition politique.
Autre figure montante, Younes Sekkouri est décrit comme l’un des ministres ayant le plus renforcé sa stature depuis 2021. Son rôle dans la gestion du dialogue social, des retraites et de la réforme du marché du travail est salué. Son profil d’ingénieur, son aisance dans les négociations et sa proximité avec les jeunes générations sont également soulignés, même si sa notoriété demeure encore relativement limitée à l’échelle nationale.
Le dossier consacre ensuite une partie aux responsables politiques dont les ambitions seraient freinées par la faiblesse électorale de leurs partis. Abdelilah Benkirane reste une figure incontournable de la vie politique marocaine et demeure capable de mobiliser les militants du Parti de la justice et du développement. Toutefois, la défaite historique de son parti en 2021 continue de peser lourdement sur ses perspectives.
Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme, est présenté comme l’un des responsables les plus expérimentés de la scène politique. Malgré son influence intellectuelle et sa longue carrière ministérielle, le recul électoral de la gauche réduit fortement ses possibilités d’accéder à la primature.
Même constat pour Driss Lachgar, premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, dont l’expérience est reconnue mais dont le parti ne dispose plus du poids politique nécessaire pour prétendre diriger un gouvernement. Nabila Mounib, figure historique de la gauche radicale, conserve une forte crédibilité idéologique mais souffre également de la fragmentation de son courant politique.
Le dossier s’intéresse ensuite aux personnalités bénéficiant d’une forte popularité dans l’opinion publique. Fouzi Lekjaa est présenté comme le nom revenant le plus fréquemment lorsqu’il est demandé aux Marocains qui pourrait diriger le prochain gouvernement. Son rôle dans les finances publiques, le football national et surtout la préparation du Mondial 2030 est largement mis en avant. Il est toutefois rappelé qu’il n’a jamais dirigé un parti politique et qu’il a toujours nié toute ambition partisane.
Le président-directeur général de l’OCP, Mostafa Terrab, est décrit comme un bâtisseur ayant profondément transformé le groupe phosphatier marocain. Son profil de grand manager est salué, mais son absence de parcours partisan constitue le principal obstacle à une éventuelle accession à la primature.
Le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit est présenté comme un homme d’État ayant piloté plusieurs réformes importantes liées à la régionalisation, à l’administration territoriale et à l’organisation des élections. Sa parfaite connaissance de l’appareil d’État est considérée comme son principal atout.
Enfin, trois personnalités sont classées parmi les outsiders. Omar Balafrej, ancien député, est reconnu pour sa rigueur et son indépendance mais souffre d’un manque d’assise politique nationale. Leïla Benali, ministre de la Transition énergétique, est saluée pour son expertise technique et son image moderne, même si son expérience politique reste récente. Moulay Hafid Elalamy, ancien ministre de l’Industrie et homme d’affaires, conserve une image de gestionnaire efficace et demeure, selon le dossier, l’une des personnalités les plus respectées du monde économique, malgré son retrait de la vie gouvernementale.
Au terme de cette analyse, le dossier rappelle que les profils, l’expérience et la popularité ne suffisent pas à eux seuls à déterminer l’identité du futur Chef du gouvernement. Le verdict des urnes, les rapports de force entre les partis et les équilibres institutionnels resteront les éléments déterminants dans la désignation de la personnalité qui conduira le prochain exécutif marocain.

