Marrakech parmi les villes africaines à plus forte capacité d’achat en 2025
Trois grandes villes marocaines se distinguent dans le tout dernier classement des dix villes africaines affichant la plus forte puissance d’achat locale en 2025, selon la plateforme analytique panafricaine The African Exponent. Le Maroc y brille avec Rabat, Casablanca et Marrakech, respectivement classées sixième, huitième et neuvième à l’échelle du continent.
Ce classement, fondé sur les données actualisées de Numbeo relatives au coût de la vie et à la capacité d’achat, tient également compte d’indicateurs liés aux réformes publiques, à la performance des infrastructures et à la structuration du marché du travail.
Rabat, la force tranquille de la classe moyenne
Avec un indice de capacité d’achat de 54,2, Rabat occupe la sixième place africaine, traduisant, selon The African Exponent, “la force tranquille de son tissu économique”. Capitale administrative du pays, la ville bénéficie d’une forte concentration d’emplois publics, d’un haut niveau de qualification et d’une stabilité salariale notable.
Les revenus réguliers des fonctionnaires, diplomates et cadres des organisations internationales garantissent une consommation soutenue, relativement à l’abri des aléas du marché. La plateforme souligne également les grands programmes urbains entrepris à Rabat, soutenus par la Banque mondiale, visant la réhabilitation des quartiers, l’amélioration des services publics et le renforcement du réseau de transport. Ces initiatives réduisent les coûts indirects supportés par les ménages — tels que le logement ou les déplacements — tout en consolidant la cohésion sociale.
Selon le rapport, le succès de Rabat réside dans sa capacité à combiner stabilité des revenus et mobilité sociale, portée par des politiques de logement inclusives et des incitations au crédit, faisant de la capitale un modèle régional en matière de pouvoir d’achat durable.
Casablanca, moteur économique sous pression
Casablanca se positionne en huitième place du classement africain avec un indice de 39,2, confirmant son rôle de poumon économique du Maroc. La métropole génère près du tiers du PIB national et abrite environ la moitié du tissu industriel du pays.
Cependant, cette puissance économique s’accompagne de défis structurels, notamment dans les domaines du logement et de la mobilité urbaine, qui pèsent sur le budget des familles. Pour y remédier, plusieurs programmes de restructuration urbaine ont été lancés, tels que “Villes sans bidonvilles” et le Programme d’appui aux collectivités locales de Casablanca, également soutenus par la Banque mondiale.
Ces efforts visent à moderniser les infrastructures, réguler le marché du travail et améliorer la gouvernance locale, dans l’objectif d’alléger le coût de la vie et de rééquilibrer les niveaux de revenu au sein de la capitale économique.
Marrakech, un modèle d’équilibre entre tourisme et diversification
La neuvième place du classement revient à Marrakech, dont la capacité d’achat atteint 37,2. La ville ocre tire sa vitalité d’un écosystème de services diversifié, dominé par le tourisme mais de plus en plus ouvert à d’autres secteurs stratégiques.
The African Exponent souligne que, si le tourisme (hôtellerie, artisanat, restauration, riads) demeure un pilier majeur de l’économie locale, Marrakech s’emploie depuis plusieurs années à diversifier ses activités vers les secteurs de la logistique, de l’aéronautique et de l’économie numérique.
Cette diversification permet aux ménages marrakchis de mieux résister aux fluctuations saisonnières liées au tourisme mondial. Les réformes du transport urbain, la numérisation des services administratifs et les programmes de formation dans les domaines du tourisme durable et des énergies renouvelables renforcent cette dynamique d’adaptation vers une économie plus inclusive et formalisée, capable de soutenir la capacité d’achat des familles sur le long terme.
Un indicateur clé du développement urbain
Au-delà du simple classement, The African Exponent met en avant la volonté de comprendre les politiques publiques et économiques qui rendent possible la prospérité urbaine. Les villes en tête de liste illustrent la montée en puissance d’économies locales de consommation, où les dépenses des ménages soutiennent les secteurs du commerce, de la finance, du logement et du transport.
La capacité d’achat devient ainsi un levier stratégique du développement urbain africain, influençant les dynamiques migratoires, la rétention des talents et la construction d’un capital humain durable, moteur du progrès économique à l’échelle continentale.

