Marrakech : une commémoration du drame d’Argana déjà fragilisée avant le 15ᵉ anniversaire du 28 avril
Alors que Marrakech s’apprête à commémorer, le 28 avril 2026, le 15ᵉ anniversaire de l’attentat terroriste du Café Argana, des signaux préoccupants émergent déjà autour de l’organisation de cet hommage hautement symbolique.
À moins de trois semaines de cette date marquante, le Consulat général de France à Marrakech semble faire l’impasse sur la préparation d’une cérémonie officielle, rompant avec une tradition de recueillement qui réunissait chaque année les familles des victimes, venues spécialement honorer la mémoire de leurs proches.
Cette absence anticipée suscite incompréhension et inquiétude parmi les proches des disparus et au sein de plusieurs observateurs. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’un simple changement d’agenda, mais d’une véritable rupture dans le devoir de mémoire, perçue comme une forme d’effacement progressif.
Depuis 2011, la stèle érigée à proximité de Jamaa El Fna constitue le lieu central de recueillement. Chaque année, fleurs, portraits et instants de silence y rappellent la violence de l’attentat et la nécessité de ne pas oublier. La présence institutionnelle, notamment française, donnait à cette cérémonie une portée particulière, à la fois symbolique et humaine.
Aujourd’hui, l’absence de toute annonce ou mobilisation officielle à l’approche du 28 avril alimente le sentiment d’une « annulation déguisée ». Une situation d’autant plus sensible que les familles françaises des victimes faisaient du déplacement à Marrakech un rendez-vous mémoriel incontournable.
Ce contexte interroge profondément sur la manière dont les institutions accompagnent la mémoire des tragédies. Car au-delà de la cérémonie elle-même, c’est la reconnaissance durable des victimes qui est en jeu.
À quelques jours de cet anniversaire, une question demeure : le souvenir de l’attentat d’Argana sera-t-il porté à la hauteur de son importance, ou amorce-t-on, en silence, le début de l’oubli ?

