Moscou revoit sa position sur la question du Sahara marocain
Dans un développement diplomatique inattendu, Moscou a annoncé une révision de sa position concernant la question du Sahara marocain, à la veille de réunions décisives du Conseil de sécurité des Nations Unies. La rencontre entre le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Vershinin, et l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, a marqué un tournant dans la posture russe.
Le communiqué officiel du ministère russe des Affaires étrangères a surpris les observateurs : il n’a fait aucune référence au référendum ni au prétendu droit à l’autodétermination, éléments traditionnellement mis en avant par les partisans du séparatisme. À la place, Moscou a insisté sur la nécessité d’une solution politique négociée, en soulignant le rôle de la MINURSO dans l’accompagnement du processus.
Ce changement témoigne d’une volonté russe de se repositionner en acteur plus équilibré, évitant l’alignement sur des thèses qui alimentent les tensions régionales. L’aspect le plus significatif du communiqué réside dans la qualification du différend comme un « héritage colonial », une expression qui rejoint l’approche marocaine affirmant que le Sahara fait partie intégrante de la souveraineté nationale récupérée après la période coloniale espagnole. Cette terminologie affaiblit de manière directe l’argumentaire séparatiste et replace la question dans son cadre historique et juridique.
L’analyse de ce revirement montre que la Russie cherche à conjuguer respect du droit international et pragmatisme diplomatique, tout en ouvrant la voie à des initiatives réalistes. En reconnaissant la dimension coloniale du différend, Moscou apporte un soutien implicite à la vision marocaine, selon laquelle le conflit appartient au passé depuis 1975, et que sa persistance relève davantage de calculs géopolitiques que de réalités historiques.
Ce repositionnement pourrait encourager l’émergence de démarches diplomatiques constructives, fondées sur la souveraineté et le compromis, et contribuer à instaurer davantage de stabilité en Afrique du Nord, tout en réduisant l’usage de la question du Sahara comme instrument de tension régionale.
