Omar Balafrej face à la jeunesse de “Génération Z” : plaidoyer pour un patriotisme sincère et une monarchie garante de stabilité
Lors d’une rencontre interactive inédite organisée sur la plateforme Discord, le mouvement “Génération Z” a accueilli l’ancien député et homme politique marocain Omar Balafrej. Dans un échange empreint de franchise et de profondeur, l’ancien parlementaire a dialogué avec de nombreux jeunes autour des enjeux du réformisme, du rôle des institutions et des perspectives d’avenir du pays.
Balafrej a tenu à préciser d’emblée qu’il n’a jamais subi de pression ni d’ingérence durant son mandat parlementaire, estimant que le véritable problème réside non pas dans le système, mais dans le manque de courage de certains élus qui privilégient leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt général. Il a rappelé avoir proposé une loi sur l’amnistie générale des détenus, dans le cadre constitutionnel, mais regrette que le Parlement n’y ait pas donné suite.
Reconnaissant les avancées importantes réalisées par le Maroc dans les infrastructures, l’énergie, les ports et les grands chantiers structurants, il a toutefois souligné que “le volet social demeure la grande faiblesse du modèle actuel”. Selon lui, “la justice sociale et la réduction des inégalités territoriales restent les deux défis majeurs du Maroc moderne”. Tout en saluant les réformes menées dans le secteur de l’éducation et en rendant hommage à l’ancien ministre Chakib Benmoussa, Balafrej a décrit le projet du TGV Al Boraq comme “le symbole d’une ambition nationale tournée vers l’avenir”, avant de lancer, non sans ironie : “Mais quand le train atteindra-t-il Al Hoceima ?”
L’ancien député a également regretté le manque de communication du gouvernement actuel, estimant que cette faiblesse altère la relation de confiance entre les citoyens et les institutions. Il a dénoncé la tolérance à l’égard des conflits d’intérêts et appelé la presse publique à jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir, en rappelant que “la lutte contre la corruption ne peut se limiter à des slogans, elle exige l’application rigoureuse de la loi”.
Se définissant comme un “gauche modéré et réformiste réaliste”, Omar Balafrej a réaffirmé son attachement à la monarchie parlementaire, qu’il considère comme la meilleure garantie de stabilité et d’unité nationale. “Que ceux qui rêvent de république y croient, mais pour ma part, je crois en la monarchie parlementaire, pilier de notre cohésion et de notre équilibre”, a-t-il déclaré.
S’adressant à la jeunesse de “Génération Z”, il les a invités à s’organiser politiquement et à transformer leur engagement citoyen en action structurée : “Si vous parvenez à faire entendre votre voix et à porter vos revendications, pourquoi ne pas penser à créer un parti ? Vous faites déjà de la politique, que vous le vouliez ou non.” Pour Balafrej, le Maroc a besoin de “véritables patriotes, de femmes et d’hommes intègres œuvrant de l’intérieur pour le bien du pays”.
Ému, il a salué la maturité du mouvement pour avoir suspendu son action de protestation “par respect pour les institutions”, soulignant que ce geste “témoigne d’une conscience politique admirable”. “Vous m’avez redonné espoir, leur a-t-il confié. Le Maroc est une terre fertile, pleine de potentiel, et je reste disponible, convaincu que l’intelligence collective est la clé du progrès.”
En conclusion, Omar Balafrej s’est dit optimiste pour l’année 2026, tout en attendant “des signaux clairs” pour confirmer cet espoir. Il a rappelé que les discours royaux à l’ouverture du Parlement “portent toujours une vision et une inspiration pour le pays”. Ce dialogue sincère entre une figure politique d’expérience et une jeunesse en quête de sens aura marqué un moment fort de réflexion collective sur l’avenir du Maroc, entre fidélité à la monarchie, exigence démocratique et aspiration à une véritable justice sociale.
