Polémique au Maroc autour de l’obligation de commander un second consommable dans les cafés
Un vif débat anime ces dernières semaines les réseaux sociaux et l’opinion publique au Maroc au sujet de pratiques adoptées par certains établissements de café. Des clients affirment qu’on leur impose, après un certain temps passé à table, soit de commander une nouvelle consommation, soit de quitter les lieux.
Selon plusieurs témoignages, cette règle tacite, appliquée surtout dans les grandes villes et durant les heures de forte affluence, s’apparenterait à une contrainte commerciale injustifiée. Les consommateurs dénoncent une atteinte à leur liberté, rappelant qu’aucune loi ne prévoit une telle obligation dès lors que le client a déjà payé sa commande.
Des associations de défense des droits des consommateurs soulignent, de leur côté, que la licence d’exploitation d’un café se limite à la fourniture d’un service contre rémunération, et qu’imposer des conditions supplémentaires non annoncées pourrait constituer une pratique abusive. Pour elles, toute règle interne de ce type devrait être clairement affichée et portée à la connaissance des clients.
Face à la polémique, des représentants des professionnels du secteur insistent sur le fait que ces cas restent isolés. Ils estiment néanmoins que la question reflète une réalité économique : de nombreux clients occupent des tables pendant plusieurs heures avec une seule consommation, ce qui limite la rotation et affecte la rentabilité des établissements, notamment en période de forte demande.
Sur le plan juridique, aucune disposition spécifique n’autorise explicitement les gérants à obliger les clients à consommer davantage au-delà de leur première commande. En revanche, le droit de la consommation exige la transparence et interdit toute condition abusive non annoncée.
Ce débat met en lumière une tension persistante entre les impératifs économiques des exploitants et les droits des consommateurs. Il révèle également un vide réglementaire, puisque ni la législation commerciale ni les textes relatifs à la protection du consommateur ne tranchent clairement la question.
En attendant une éventuelle clarification par les autorités compétentes, la pratique continue de susciter l’indignation de certains clients et l’incompréhension des professionnels, laissant planer une incertitude sur les règles du jeu dans les cafés marocains.
