Réflexions sur la préservation de l’environnement à Marrakech : De l’abattage des arbres centenaires à la perte de l’identité de la ville ocre

Réflexions sur la préservation de l’environnement à Marrakech : De l’abattage des arbres centenaires à la perte de l’identité de la ville ocre

Le terme ‘’environnement’’ désigne l’ensemble des éléments naturels nécessaires à la vie de l’être humain, tels que l’eau, l’air, et les composantes du paysage : la terre, la mer, le ciel, la montagne, la forêt, etc …
Le droit de l’environnement est l’ensemble des règles juridiques qui protège la nature contre les différentes menaces écologiques, telles que le réchauffement climatique, les inondations, la sécheresse, et les atteintes commises par l’homme : le gaspillage de l’eau, la pollution, l’abattage des arbres, la production des déchets et des ordures, l’utilisation des produits chimiques, etc…
Plusieurs instruments internationaux des droits de l’homme reconnaissent l’existence des liens étroits entre le droit à un environnement sain et le droit de jouir d’une meilleure vie. On peut citer à titre d’exemple : le Pacte international relatif aux droits aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966 qui considère dans article 6 que tout homme a le droit intangible à la vie et à un milieu de vie sain, et dans son article 12 qui stipule que le droit à la santé physique et mentale permet à toute personne humaine de jouir d’une meilleure vie.
Aussi, le Dahir du 30 juin 1916 impose la préservation du patrimoine végétal et réglemente l’abattage des arbres en milieu urbain, y compris sur les propriétés privées sous peine d’amendes administratives. Le Code pénal marocain (articles 599 et 600) punit la coupe ou l’arrachage d’arbres d’une peine allant de un mois à deux ans d’emprisonnement, avec des sanctions alourdies s’il s’agit d’arbres fruitiers.
En effet, la protection de l’environnement trouve ses racines dans les obligations des droits de l’homme et les préoccupations de la protection du droit à la vie et à la santé. Ce qui oblige les collectivités locales d’adopter des mesures pour préserver les espaces verts et lutter contre la pollution et les atteintes au patrimoine naturel.

Dans ce contexte, la dégradation environnementale à Marrakech suscite effectivement une vive inquiétude chez les habitants et les observateurs écologiques. Autrefois, qualifiée de « Marrakech-la rose ( La chanson d’Ismaïl Ahmed.), en raison de ses vastes palmeraies et de ses vergers historiques, la cité ocre fait aujourd’hui face aux impacts simultanés de l’absence d’une politique écologique de l’urbanisation. Alors que, la nature a toujours constitué un élément de bonheur (bahja) qui a un impact direct sur la vie des habitants ( les sorties de nezaha).

La dégradation environnementale à Marrakech depuis plusieurs mois, se manifeste à titre d’exemple : par l’abattage d’arbres centenaires, la destruction des espaces verts, les coupes ciblées de grands arbres d’ombrage ( avenue 18 novembre et le centre de Guéliz), l’arrachage des bigaradiers, des orangers amers et les arbres feuillus ( la place Abdelmoumen Ben Ali). Sachant que ces arbres, font partie de la mémoire collective de la ville ocre, ce qui constitue une violation écologique grave et contribue à dégrader la qualité de vie des habitants.
Les réglementations écologiques d’urbanisme dans la ville de Marrakech imposent à la Commune et aux autorités compétentes de ne pas de délivrer un permis de construire, avant de réaliser une évaluation de l’impact de la construction sur la nature, et également le plan d’aménagement doit garantir le respect des espaces verts.
C’est ainsi, que la bonne gouvernance écologique de la Commune de Marrakech, s’impose pour préserver la qualité de vie et sauvegarder les droits des générations futures, afin d’empêcher les impacts négatifs ou dangereux des abattages d’arbres centenaires sur les milieux naturels.
En guise de conclusion : l’environnement a un lien étroit avec l’urbanisme et l’aménagement du territoire qui doivent chercher un équilibre entre les constructions et la préservation de l’environnement. L’interaction entre l’urbanisme et l’environnement est essentielle pour un le bien être de la population marrakchie.
La création d’espaces verts joue un rôle crucial dans l’amélioration de la qualité de vie urbaine et la protection de l’environnement. Les espaces verts, comme les parcs, les jardins, et les zones écologiques, offrent des services éco systémiques essentiels, comme la régulation du climat, la purification de l’air et de l’eau, et la conservation de la biodiversité.
Aussi, la Commune de Marrakech est invitée à mettre en place une politique de la destruction et le recyclage des déchets ménagers qui affectent l’environnement, en libérant des gaz à effet de serre comme le méthane, et en nuisant à la biodiversité via l’ingestion de micro-plastiques. La mauvaise gestion des déchets, comme le brûlage à l’air libre ou les décharges sauvages, est particulièrement dangereuse, et contribue au réchauffement climatique et à la propagation de maladies respiratoires.

* Professeur à la Faculté de Droit de Marrakech

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