Régionalisation avancée : le président de la région Souss-Massa plaide pour un véritable transfert des compétences aux territoires
Intervenant lors du Morocco Today Forum 2026,Karim Achengli le président du Conseil de la région Souss-Massa a livré une analyse approfondie de la régionalisation avancée, estimant que ce chantier stratégique ne pourra produire tous ses effets qu’à travers un transfert effectif des compétences et des prérogatives de l’État vers les régions.
En ouverture de son intervention, il a salué les organisateurs de l’événement, les autorités présentes ainsi que la Haute Sollicitude Royale accordée à cette rencontre, soulignant que cette reconnaissance témoigne de l’importance du débat consacré à l’avenir des territoires.
Le responsable régional a ensuite rappelé les principales étapes ayant marqué l’évolution de la régionalisation au Maroc. Selon lui, l’année 2011 constitue un tournant historique avec le lancement, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de la régionalisation avancée, considérée comme une nouvelle étape de la démocratie territoriale donnant davantage de responsabilités aux élus locaux.
Il a expliqué que cette réforme a été suivie par l’élaboration du Nouveau Modèle de Développement, avant sa déclinaison territoriale à travers le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT), qui fixe une vision de développement sur une période de vingt-cinq ans. Cette stratégie est ensuite traduite à l’échelle régionale par les Programmes de Développement Régional (PDR), élaborés en fonction de la durée des mandats des conseils régionaux.
Abordant la question du transfert des compétences, le président de la région Souss-Massa a estimé que les régions n’ont, jusqu’à présent, pas véritablement bénéficié des prérogatives qui devaient leur être transférées par l’État. Selon lui, les conseils régionaux exercent essentiellement leurs compétences propres ainsi que plusieurs compétences partagées, sans que le processus de décentralisation ne soit pleinement achevé.
Il a notamment évoqué les difficultés rencontrées dans le domaine des infrastructures routières, rappelant que les régions sont compétentes pour les routes non classées, mais qu’elles se heurtent encore à plusieurs contraintes qui limitent leur capacité d’action sur le terrain.
Le président du Conseil régional a également insisté sur l’évolution de la gouvernance des projets territoriaux. Il a expliqué que la mise en place des Sociétés Régionales Multiservices (SRM) s’accompagne d’un maintien du rôle décisionnel des élus, puisque le président du Conseil régional demeure également président du conseil d’administration de ces structures, garantissant ainsi, selon lui, la continuité de la gouvernance politique des projets régionaux.
En conclusion, il a appelé à approfondir le chantier de la régionalisation avancée afin de permettre aux régions de disposer des moyens juridiques, administratifs et financiers nécessaires pour exercer pleinement leurs missions et accélérer le développement territorial, dans l’esprit des grandes réformes engagées par le Royaume.

